3.5

L'occultation crée la différenciation, et permet un point de vue humain sur la Divinité.

  • Pour l'élévation de l'âme de Shelomo ben Émelie 'alav haShalom

  • Au rétablissement de la santé du Rav Ouri Cherli, de nos amis Aharon ben Sarah, Avraham Raphaël ben Rivqa,, Yohan Ḥaï ben Gabrielle, Rivqa bat Sarah, Hélène-Esther bat Corinne,

  • À la protection de nos soldats et du 'Am Israël

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En dépit de tout cela (1), c'est par la puissance (גְּבוּרָה) (2) de HaShem et sa dimension redoutable (נוֹרָאוּת) (3) qu'Il a, si l'on peut dire, dissimulé (צִמְצֵם) (4) Sa Gloire, si l'on peut dire, de manière à rendre possible une existence [indépendante et différenciée] des mondes, des forces et des créatures, créées et renouvelées, avec des propriétés diverses, en divers lieux, qui sont soit saints et purs, soit impurs et souillés.

Une telle [occultation] n'a lieu que de notre point de vue. Cela signifie que nous ne sommes pas capables de percevoir [le monde] autrement que comme l'apparence d'une existence indépendante [du monde autour de nous].

C'est sur cette base que HaShem a construit un cadre d'obligations [la Torah] (5), auquel nous avons reçu de Sa bouche l'instruction [d'adhérer], comme à « un décret immuable » (6).

C'est dans ce contexte [d'occultation] que nos Sages de mémoire bénie ont comparé [la relation de HaShem avec les mondes] à celle de l'âme qui habite un corps, comme l'écrit le Zohar : HaShem est l'Âme de tous les mondes (7). Seul le corps d'une personne peut être vu, mais son âme, bien qu'elle emplisse entièrement chaque cellule du corps, n'est accessible à aucune perception physique, et ne se révèle qu'à l'intellect (8).

De même, c'est selon notre perception révélée que nous nous relions à l'existence de tous les mondes et de toutes les créatures, et HaShem se répand et se dissimule, si l'on peut dire, dans toutes les dimensions intimes de toute chose pour leur donner vie et les maintenir à l'existence.

De la même manière, l'âme se répand à travers tout le corps, et se dissimule dans ses dimensions les plus profondes, pour leur donner la force vitale et les maintenir à l'existence.

C'est pourquoi tous les noms, les désignations, les descriptions et les caractéristiques [de HaShem] qu'on trouve dans toute la Torah ne font référence [à HaShem] que de notre point de vue.

Il en va de même du cadre législatif [de la Torah et des Mitsvot], qui vient de la relation de HaShem avec les mondes, et par [l'accomplissement de nos devoirs], nous sommes la cause des changements qui se manifestent [dans les mondes], comme on l'a expliqué au deuxième Portique (9).

C'est la signification, claire à présent, de cet enseignement cité plus haut au sujet des deux concepts évoqués au chapitre précédent (10) :

« Les dix Sefirot de 'Atsilout sont un roi au dessus d'elles [c'est-à-dire sur les dix Sefirot de Bériyah], et Lui [HaShem] et Ses Causes [c'est-à-dire les Midot de 'Atsilout] sont unifiées au-dessus d'elles. Lui et Sa Force vitale ne sont qu'Un au-dessus d'elles, contrairement aux dix Sefirot de Bériyah, qui ne sont pas « un » avec Lui, elles et Ses Causes ne sont pas Un, et au-dessus d'elles Il descend avec les dix Sefirot de 'Atsilout, Il resplendit au sein des dix Sefirot de Bériyah, des dix groupes d'anges, et des dix sphères célestes, mais [HaShem] demeure inchangé en tout lieu. »

Ḥazal font référence à ces concepts, comme on le comprendra, ainsi qu'il est écrit :

« Lorsqu'Il le veut : ''Est-ce que Je n'emplis pas les Cieux et la terre ?'', et lorsqu'Il le veut : ''Il parlait avec Moshé entre les barres de l'Arche sainte.'' Rabbi Ḥanina bar Issi (11) dit : parfois, l'univers n'est pas assez grand pour contenir la Gloire de Sa Divinité, et parfois, Il parle avec l'homme entre deux cheveux de sa tête. (12) »

De même, [Lorsqu'Il le veut, Sa Gloire emplit l'univers comme il est écrit : ''Est-ce que Je n'emplis pas les Cieux et la terre ? dit HaShem'', et lorsqu'Il le veut, ''Il parle du sein de la tempête'' comme il est écrit : ''Et HaShem répondit à Iyov du sein de la tempête'', et lorsqu'Il le veut (Il parle à Moshé) depuis un buisson ardent. (13)]

C'est pourquoi, dans toutes les paroles de Ḥazal, on L'appelle « le Saint Béni Soit-Il » (הַקָדוֹשׁ בּרוּךְ הוּא), un Nom qui traduit ces deux concepts à la fois :

[HaQadosh] « Saint » signifie « séparé et élevé (14) », selon Sa perspective, car il est effectivement séparé, transcendant et infiniment élevé au dessus de toutes les différences et de tous les changements cycliques [de la Création].

Mais toutes sont pleines [de Lui], d'une manière absolument unifiée, et selon un arrangement uniforme [de Son Essence]. Il est au-dessus de toute bénédiction et de toute louange, et Il n'a aucun besoin d'être béni, ḥas veShalom (voir les Tiqounim. (15))

Il n'est donc absolument pas pertinent de Son point de vue, d'invoquer l'idée d'addition ou d'accroissement en Lui par la bénédiction, car tout est absolument Un, [inchangé] depuis la Création, comme il est écrit : « À qui pourriez-vous Me comparer pour que Je sois son égal ? Dit le Saint. (16) » Ce verset fait allusion à l'Essence unifiée de HaShem, comme on l'apprend du Raya Méhemna17 et des Tiqounim (18).

[Béni soit-Il]

Relativement à notre perception de l'existence des forces et des mondes, Il est appelé « Béni », en manière de langage, dans la mesure de Sa relation avec [les mondes], qui ont besoin du supplément et de l'accroissement par la bénédiction, et de l'épanchement amené par l'intermédiaire des bonnes actions de l'homme, comme je l'ai écrit au deuxième Portique (19).

[Le Saint béni soit-Il]

Voilà donc le sens de la dénomination « Le Saint béni soit-Il » : d'une part, de Son point de vue, Il est appelé « Saint », et d'autre part, depuis notre perspective, Il est exactement le même, et on l'appelle « Béni », si l'on peut dire, ces deux dimensions n'étant qu'une seule et même chose.

[Comme la Torah se présente comme un cadre d'obligations dans le contexte de notre perception du monde, après l'occultation de la Lumière divine], c'est au niveau de notre perspective que nombre de versets font référence à HaShem comme « D.ieu, le Très-Haut (20) » ou « Lui qui réside dans les Cieux. (21) »



Notes

1 C'est-à-dire malgré le fait que, même après la venue à l'existence de tous les mondes [dans leur diversité et leurs changements constants], HaShem demeure absolument Un, et n'a subi aucun changement d'aucune sorte.

2 Le mot signifie « force », « puissance », « vaillance », et il désigne également l'une des dix Sefirot (la rigueur / la puissance divine). La Mishna Avot (4,1) définit ainsi celui qui possède cet attribut : « Quel est le puissant ? C'est celui qui contient son [mauvais] penchant, car il est dit : Il est plus louable d'être longanime que puissant ; de dominer ses passions que de conquérir une ville. » Dans notre contexte, l'attribut de Guévourah associé à HaShem fait donc référence au contrôle qu'Il a de Lui-même, à Sa maîtrise de Soi, à Sa capacité à se manifester dans ce monde de telle sorte que toute chose, à part Lui, semble avoir une existence.

3 Dans le contexte biblique classique, et s'agissant du Créateur, le terme signifie « Ses œuvres redoutables », « Ses exploits », ou « Ses prodiges ». Ici, l'expression, empruntée au Midrash (Yalqout Shim'oni Néḥémiah Remez 1071, ainsi que Yoma 69b) désigne la Guévourah de HaShem, Sa « Retenue », la Maîtrise qu'Il a de Lui-même comme la raison de la survie d'Israël parmi les nations.

4 Dans la littérature rabbinique, le terme « Tsimtsoum » est souvent utilisé dans le sens de « contraction ». Effectivement, Rabbi Ḥayim l'utilise ainsi en P2C6 Note 26. Néanmoins, en P3C7, il le définit très clairement comme dissimulation, ou occultation (en anglais : concealment), dans le texte proprement dit comme dans les notes. Dans la présente traduction, le terme Tsimtsoum est donc généralement rendu par « occultation ». Dans la plupart des cas, il ne sera pas traduit. Le concept fait référence à un principe général de la Kabbala du Arizal, qui explique pourquoi la Présence divine ne peut être perçue dans ce monde. L'effet principal de ce Tsimtsoum est la création d'un environnement où il existe des différences, entre les niveaux de mondes, comme dans les lieux, En d'autres termes, une différence ne peut exister que si tout n'est pas exclusivement Un. Le mot hébreu qui exprime une différence entre deux objets est « בֵּין – bein » qui forme également le terme « בִּינָה – Binah », la compréhension, ou le discernement, qui permet de distinguer entre les choses et les concepts, et de les comparer. En revanche, là où n'existe aucune différence, il ne peut y avoir de discernement. C'est pourquoi HaShem crée un environnement dans lequel les différences entre les choses semblent exister, de sorte qu'on peut les distinguer les unes des autres, les comparer et les analyser. Le but de l'existence du peuple juif, comme l'a souligné Rabbi Ḥayim au chapitre précédent, c'est d'accomplir la Torah et les Mitsvot dans un environnement différencié, qu'il nous appartient d'unifier de sorte que HaQadosh Baroukh Hou emplisse toutes les dimensions de notre expérience dans ce monde.

5 « לֹא בַשָּׁמַיִם, הִוא – Lo baShamayim hi (elle n'est pas dans les Cieux) » (Dévarim 30,12). La Torah ne s'applique pas dans les Cieux. Elle n'a de pertinence pratique que dans l'environnement différencié de ce monde. Ce point sera développé au chapitre suivant.

6 Téhillim – Psaumes 148,6 : « חָק-נָתַן, וְלֹא יַעֲבוֹר ».

7 Zohar I Béreshit 45a qui fait référence au « Qodesh Qodashim » du Temple en tant que l'âme de ce monde. Il existe une correspondance entre ce site et les Saints des Saints des niveaux de mondes. La Malkhout de chaque niveau supérieur forme l'âme du niveau immédiatement inférieur, de sorte que HaShem est finalement l'Âme de tous les mondes. On appelle Shékhina la résidence de cette Âme dans le Saint des Saints de chaque niveau de monde. Rabbi Ḥayim avait déjà évoqué le concept de ce Zohar, à savoir HaShem en tant qu'Âme de toutes les âmes. Il revient sur cette dimension dans le cadre de l'occultation de la Lumière divine.

8 Là où existe une différenciation, nous sommes en mesure de comprendre (Binah est le discernement, de la racine de Bein, différence). Puisque l'âme est présente de manière absolument uniforme dans tout le corps, il n'y a aucune différenciation, et par conséquent, il est impossible de détecter physiquement sa présence. On ne peut se relier à elle que par l'intermédiaire de l'intellect. La même chose est vraie de notre relation avec HaShem, qui ne peut être perçu par nos sens. Nous ne pouvons nous relier à Lui qu'à un niveau intellectuel.

9 P2C2.

10 Tiqounéi Zohar Introduction 3b cité en P3C4, et de nouveau en P4C10. Notre citation, un peu plus longue, fait référence aux deux concepts primordiaux : 1. HaShem emplit tous les mondes et Sa force vitale investit absolument et intégralement toute existence, d'une manière cachée ; 2. HaShem contourne les mondes et n'est absolument pas affecté par leur existence.

11 Dans le Midrash (Sefaria Midrash Rabba), c'est bien Rabbi Ḥanina bar Issi (רַבִּי חֲנִינָא בַּר אִיסִּי) qui est cité. Cependant, la version du Néfesh haḤayim de Leonard Moskovitz (Sefaria.org) attribue cet enseignement à Rabbi Ḥiya bar Abba (רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא), tandis que le Professeur Gross zl le cite au nom de Rabbi 'Onya bar Soussaï (רַבִּי עוֹנְיָא בַּר סוּסַּאי). Je ne sais pas expliquer ces différences. (ndt)

12 Béreshit Rabba 4,4, qui cite Yermiyahou 23,24 : « הֲלוֹא אֶת-הַשָּׁמַיִם וְאֶת-הָאָרֶץ אֲנִי מָלֵא, נְאֻם-ה׳. »

13 Shémot Rabba Shémot 3,6, qui cite Yermiyahou 23,24 et Iyov 40,6.

14 Le Créateur en tant qu'Il transcende la Création et n'a aucune commune mesure avec les créatures.

15 Tiqounéi Zohar Tiqoun 70 131b : « Le Très-Haut qui est élevé au-dessus de tout, Il bénit toute [chose] et il est au-dessus de toute bénédiction comme il est écrit : ''[qu'on bénisse Ton Nom glorieux, qui est] élevé au-dessus de toute bénédiction et de toute louange !'' (Néḥémiah 9,5) Il n'a besoin d'aucune bénédiction de qui que ce soit, et rien ne peut Le changer.

16 Yéshayahou – Isaïe 40,25 : « וְאֶל-מִי תְדַמְּיוּנִי, וְאֶשְׁוֶה-יֹאמַר, קָדוֹשׁ ». Voir P2C2, où le concept de bénédiction est associé à un accroissement.

17 Zohar Raya Méhemna III Pinḥas 225a.

18 Tiqounéi Zohar Introduction 6b.

19 Par ex. P2C9.

20Béreshit – Genèse 14,22 : «ה׳קֵל עֶלְיוֹן ».

21Téhillim – Psaumes 2,4 : « יוֹשֵׁב בַּשָּׁמַיִם ».

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