Note 36
Note 36 : Les couronnes des lettres leur sont attachées comme l'âme est attachée au corps.
Bien que, dans l'œuvre du Arizal, on évoque quatre niveaux, les signes de cantillation, les voyelles, les couronnes (taguim) et les lettres (consonnes) comme on le sait, il s'agit d'un seul et unique concept. Essentiellement, il n'existe que trois niveaux fondamentaux.
Dans toutes [les occurrences] du livre des Tiqounim [Tiqounéi Zohar] elles sont divisées en trois niveaux : signes de cantillation, voyelles et lettres. Il n'est pas ici fait référence à un concept de couronne pour toutes les lettres, mais seulement aux trois couronnes (taguim) liées à chacune des sept lettres qui sont en elles-mêmes un concept distinct (1).
La raison en est donnée explicitement dans le Èts Ḥayim (2), dont on citera le texte abrégé comme suit : C'est ainsi qu'on peut comprendre les enseignements des Tiqounim. Parfois, il dit que les lettres sont le corps […] et ailleurs, on voit que les lettres sont le Néfesh. S'il en est ainsi, les lettres sont appelées « corps » et les Taguim sont le Néfesh des lettres.
De même que l'âme ne se sépare jamais du corps, de même les Taguim ne se séparent jamais des lettres du Séfer Torah, ce qui n'est pas le cas des voyelles et des Ta'amim. Les Taguim sont associés et connectés à l'essence des lettres qui est le corps. Ils sont étroitement associés à la globalité des lettres.
C'est pour cela qu'il n'y a pas de référence ni aucune allusion aux Taguim dans les Tiqounim, puisqu'eux et les lettres sont étroitement associés. [C'est pourquoi les lettres sont parfois appelées ''corps'' à juste titre, et parfois ''Néfesh'', par référence aux Taguim.]
Lorsqu'on évoque le corps, l'âme est inévitablement incluse, parce qu'ils sont associés comme on l'a expliqué plus haut.
Fin de la citation du Èts Ḥayim. Voyez le texte complet.

1 Ménaḥot 29b. Ces sept lettres sont : « שׁ, ע, ט, נ, ז, ג, צ »
2 Èts Ḥayim Sha'ar 5, Sha'ar Ta'amim, Néqoudot, Taguim, Otiyot : « C'est ainsi qu'on peut comprendre les enseignements des Tiqounim. Parfois, il dit que les lettres sont le corps. […] et ailleurs, on voit que les lettres sont le Néfesh. Pour comprendre ce concept, il faut citer précisément les termes [des Tiqounim] lorsqu'ils disent que ''les lettres (consonnes) sont pour les voyelles ce que le corps est au Rouaḥ''. Or le Néfesh est un niveau intermédiaire entre le corps et le Rouaḥ, et [par conséquent] n'aurait-on pas dû dire : ''les lettres (consonnes) sont pour les voyelles ce que le corps est au Néfesh'' ? Ce qu'il faut comprendre, c'est que les marques de cantillation (ta'amim) sont du niveau de Kéter, les voyelles sont du niveau de Hokhmah, les Taguim sont du niveau des ''trois têtes'' [c'est-à-dire l'intellect] de Binah et les lettres sont des sept midot [inférieures à Binah]. Il apparaît donc que les lettres sont toujours appelées ''corps'', parce qu'elles sont les ustensiles. En d'autres termes, les midot sont les ustensiles, les attributs par lesquels l'intellect de Binah s'exprime. Par exemple, la bonté devient un instrument pour l'intellect, et s'applique selon le niveau de chacun : un enfant appliquera sa bonté à une poupée, alors qu'un adulte appliquera la sienne aux créatures humaines, de manière plus subtile. Les Taguim sont donc les trois têtes de la Mère [c'est-à-dire les trois têtes de Binah – voir en annexe] et elles sont le Néfesh des lettres. De même qu'un Néfesh ne se sépare jamais du corps, de même les Taguim ne se séparent jamais des lettres du Séfer Torah, au contraire des ta'amim et des voyelles qui n'apparaissent pas sur le Séfer Torah, mais sont seulement exprimées par le Ba'al Qoré. Comprends cela. C'est le sens de ce qui est écrit plus haut, c'est-à-dire que le Néfesh contient les lettres, et forme une union avec le corps. C'est le concept des Taguim qui sont associées et se relient à l'essence des lettres (le corps), et qui sont la généralité des lettres, dont les trois têtes sont les Taguim. C'est pour cela qu'il n'y a pas de référence ni aucune allusion aux Taguim dans les Tiqounim, puisqu'eux et les lettres sont étroitement associées. C'est pourquoi les lettres sont parfois appelées ''corps'' à juste titre, et parfois ''Néfesh'', par référence aux Taguim. »
