Note 40
Note 40 : Concentration sur la séquence qui relie à Knesset Israël.

C'est pour cela que l'ordonnancement de la séquence des prières [du matin] est divisé en quatre parties, correspondant aux quatre niveaux de Néfesh, Rouaḥ, Néshama et racine de la Néshama.
La [description] des sacrifices correspond au niveau de Néfesh, et le monde du Néfesh est 'Assiyah, puisque les [sacrifices] viennent expier les fautes du Néfesh, comme il est écrit « Si une personne (Néfesh) commet une faute [...] Elle offrira pour son délit. (1) »
Psouqéi déZimra correspondent au niveau de Rouaḥ, le monde des anges et de leurs chants (2).
La récitation du Shém'a et les bénédictions qui lui sont associées correspondent aux « chambres » de Bériyah, dont on sait que c'est le monde des Néshamot (3).
[La concentration de la personne qui prie devrait dont s'ordonner de la manière suivante:]
Depuis la récitation des passages sur les Korbanot jusqu'à Baroukh Shéamar non inclus, on doit avoir l'intention d'élever le niveau des Néfashot du monde de 'Assiyah (4), qui est l'essence du monde de 'Assiyah, de sorte qu'elles soient unies avec le niveau des Rouḥot de Yétsirah (5). On doit également y inclure son propre Néfesh, attaché au Rouaḥ.
De Baroukh Shéamar jusqu'aux bénédictions du Kriat Shém'a (non incluses) [l'intention devrait être] d'unir le niveau des Néfashot du monde de 'Assiyah et le niveau des Rouḥot de Yétsirah en même temps que son Rouaḥ et son Néfesh propres, avec le niveau des Néshamot de Bériyah (6).
Des bénédictions du Kriat Shém'a jusqu'à la 'Amidah [non incluse, l'intention devrait être] d'inclure et d'élever [tous les niveaux] de Néfesh de 'Assiyah, Rouaḥ de Yétsirah et Néshama de Bériyah, en même temps que son propre Néfesh, Rouaḥ, Néshama, pour qu'ils puissent tous être unis à la Racine de la Néshama, et à la source de toutes les âmes d'Israël.
Voyez à ce sujet le Pri Èts Ḥayim (Sha'ar haTéfilah), ainsi que l'enseignement du Arizal qui écrit : « Et par ce processus, la Shékhina (c'est-à-dire la Knesset Israël) englobe tout. »
C'est le sens de ses paroles (7), lorsqu'il dit qu'avant la prière, un Juif doit accepter sur lui le commandement positif : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. (8) »
1 Wayiqra – Lévitique 5,1-6 : « וְנֶפֶשׁ כִּי-תֶחֱטָא – וְהֵבִיא אֶת-אֲשָׁמוֹ לַה׳ עַל חַטָּאתוֹ אֲשֶׁר חָטָא ».
2 Zimra signifie chant. Le chant s'exprime par le souffle, qui s'appelle Rouaḥ.
3 Rabbi Ḥayim ne le mentionne pas explicitement, mais on peut déduire de ses paroles que la 'Amidah correspond au niveau de « la racine de la Néshama », c'est-à-dire Ḥaya (voir la note précédente.)
4 C'est-à-dire que ce niveau est celui de l'action physique, comme l'offrande des sacrifices.
5 Où le Rouah est lié à la parole, comme dans Baroukh Shéamar (Béni soit Celui qui a parlé) qui introduit les Psouqéi deZimra.
6 La Néshama est liée à la pensée, et à la concentration de l'intellect au moment de la récitation su Shém'a.
7 Pri Èts Ḥayim Sha'ar 'Olam ha'Assiyah, chap.1 : « Au moment de commencer la prière, particulièrement celle du matin, il faut avant toute chose prendre sur soi le commandement positif : ''Tu aimeras ton prochain comme toi-même.'' (Wayiqra 19,18), et il faut se concentrer sur l'amour qu'on doit éprouver pour son prochain. Ainsi, la prière montera en englobant toutes les âmes d'Israël, et aura la force de s'élever et de réussir. »
8 Il s'agit donc d'accepter que le but de l'ordonnancement de la prière est de se connecter avec l'âme collective d'Israël. Rabbi Ḥayim termine ce troisième Portique en expliquant comment on se concentre progressivement au cours de la prière jusqu'à la 'Amidah, où l'on est porté par les besoins de la collectivité d'Israël et non sur les siens propres. Dans certains Siddourim, on trouve un texte du type « LéShem Yiḥoud », généralement avant Baroukh ShéAmar, pour se souvenir avant de commencer la prière qu'elle doit porter sur les besoins de la collectivité d'Israël.
