3.9

La prière doit être dirigée vers HaShem exclusivement ; s'adresser à Éloqim est comparable à l'idolâtrie.

Pour le prompt rétablissement de la santé du Rav Ron Moshé ben Aviva 

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Il est écrit : « Tu sauras aujourd'hui, tu ramèneras vers ton cœur, que HaShem est HaÉloqim [dans le ciel au-dessus et sur la terre en dessous, il n'en est pas d'autre]. (1) » Quelle est la différence entre ces deux noms divins ?

Éloqim est lié aux capacités individuelles de transmission des forces qui émanent de la Divinité (2).

HaShem (le Tétragramme) évoque la source des forces qui émanent de Lui (3).

C'est ainsi que s'exprime le Midrash, au sujet de la fin du récit de la Création, qui « mentionne le Nom complet (c'est-à-dire le Tétragramme et Éloqim ensemble), lié à un monde complet. (4) »

HaShem (le Tétragramme) est la source de toute chose dans le monde, et au temps de la Création, une force particulière, ou un ensemble de forces furent émanées depuis cette source, par l'intermédiaire de chaque parole créatrice pour donner forme et vie à toute chose, et les maintenir à l'existence.

C'est pourquoi le récit de la Création ne mentionne que le Nom Éloqim, et ce n'est qu'après l'achèvement de l'émanation de toutes les forces, telles qu'Il les a jugées nécessaires au monde que la Torah enseigne : « le jour où HaShem-Éloqim fit terre et cieux. (5) », en utilisant le Nom complet.

C'est le sens de « Tu sauras aujourd'hui, tu ramèneras vers ton cœur, que HaShem est HaÉloqim. » Cela veut dire qu'une personne ne doit jamais faire allégeance ou attacher son service à une force subalterne, qui est « dans le ciel au-dessus et sur la terre en dessous (6) », mais doit diriger entièrement sa concentration sur le Nom de Son Essence unifiée, le Tétragramme, la source qui rassemble toutes les forces qui émanent de Lui.

C'est l'essentiel du concept de l'idolâtrie des premières générations, qui commença dans le monde depuis l'époque de Énosh, comme il est écrit : « Alors on commença d'invoquer le nom de HaShem. (7) » [Les hommes de la génération de Énosh] s'adonnaient au culte des étoiles et des constellations, et chaque individu se fixait sur une étoile ou une constellation particulière, selon sa propre préférence. Ces hommes ne croyaient pas qu'aucune étoile fût le D.ieu Créateur de toute chose, car les nations de tout temps ont désigné HaShem comme « le D.ieu des dieux (8) », comme l'enseignent Ḥazal (9), et comme le proclame le prophète Malakhi dans sa réprimande à Israël : « Du levant du soleil à son couchant, Mon Nom est glorifié parmi les peuples, en tous lieux, [...] car Mon Nom est grand parmi les peuples, dit HaShem Tsévaqot. (10) »

Mais l'erreur originelle de la génération de Énosh, c'est d'avoir pensé que HaShem est trop sublime pour Se préoccuper de veiller sur les créatures du monde d'ici-bas. Ils en conclurent que HaShem avait cessé de s'impliquer à leur égard, et avait confié le contrôle des créatures aux sphères célestes et aux constellations, à qui Il avait donné toute latitude pour diriger le monde à leur convenance.

C'est pourquoi ils considéraient comme une profanation (חוּלִין) absolument interdite, et une véritable insulte de prier directement le Nom honoré et redoutable de la Divinité, pour Lui demander de satisfaire leurs humbles besoins.

Ils se limitèrent donc, dans toutes les dimensions de leur service et de leurs requêtes, aux forces des étoiles et des constellations. Comme l'indique le Zohar, ils accomplissaient ce service idolâtre par l'offrande de sacrifices et d'encens à ces entités (11).

Ils savaient également conjurer (12) les anges préposés aux constellations, pour connaître le bien et le mal, et par ce moyen amener un bénéfice dans ce monde, à partir des capacités qui leur ont été dévolues par le Maître de toute chose.

Cependant, seuls quelques êtres choisis identifiaient et connaissaient la vérité, c'est-à-dire que, bien que HaShem « réside dans les hauteurs », Il descend également et « abaisse Ses regards sur le ciel et sur la terre. (13) »

Certains servirent des animaux et des oiseaux, comme c'est écrit (14). Leur intention était, par ce service, de s'attacher à la Source suprême qui donne force à toute créature, pour qu'elle épanche sur eux la force et la domination qu'elles ont reçues de HaShem.

C'est ce que les femmes maudites dirent à Yermiyahou : « Depuis que nous avons cessé d'offrir l'encens à la reine des cieux [c'est-à-dire le soleil] et de répandre pour elle des libations, nous manquons de tout, [et nous avons été décimées par le glaive et par la famine] ! (15) »

Certains ont également voué un culte à tel individu, perçu comme exerçant un très grand contrôle sur sa destinée astrale. Par leur dévotion et leur soumission [à cet individu], ils pensaient s'associer à son destin, et exalter le leur.

Pour d'autres, l'essentiel du service n'était pas de tirer un profit de ce monde-ci, mais d'atteindre certains objectifs de nature intellectuelle, comme la maîtrise de la magie noire, ou des idées de ce genre.

D'autres encore idolâtraient tel personnage particulier, en vue d'obtenir un bienfait du culte de Amon (16), et d'ainsi deviner l'avenir.

Toutes ces approches sont à ranger dans la catégorie de 'Avodah zara (idolâtrie), et transgressent le commandement : « Tu n'auras pas d'autres dieux [sur Ma face]. (17) », comme le Ramban l'écrit dans son commentaire (18).

Voyez aussi le Liqoutéi Torah à la fin de Noaḥ, au sujet de la génération de la dispersion (Dor hahapélagah) (19).

L'idolâtrie comprend aussi la soumission et le service vis-à-vis de l'esprit de sainteté (רוּחַ הַקֹדֶשׁ) d'une personne en particulier, d'un prophète ou d'un individu habité par cet esprit de Sainteté, comme lorsque Névoukhadnetsar se prosterna devant Daniel, bien qu'il sût parfaitement que Daniel n'était pas HaShem Créateur de toute chose. Par cette prosternation, il voulait simplement se soumettre et s'attacher à l'esprit de sainteté qui était en [Daniel].

Comme le dit l'Écriture : « Alors le roi Névoukhadnetsar se prosterna contre terre, puis s'agenouilla devant Daniel et ordonna de lui présenter des offrandes et des parfums. S'adressant ensuite à Daniel, le roi lui dit : "En vérité, votre D.ieu est le D.ieu des dieux, [le Souverain des rois], le Révélateur des mystères, puisque tu as pu dévoiler ce mystère-là. (20)'' »

« En dernier lieu se présenta, devant moi Daniel, surnommé Beltshatsar, du nom de mon dieu, et en qui est l'esprit du D.ieu saint. (21) »

Ḥazal ont enseigné : la raison pour laquelle Daniel n'était pas présent lorsque [anania, Mishael et 'Azaria], c'est qu'il déclara : je partirai d'ici, de sorte que le verset « Les images de leurs divinités, vous les détruirez par le feu (22) » ne me soit pas appliqué. Et Névoukhadnetsar dit également : faites sortir Daniel afin qu'on ne dise pas à mon sujet que j'ai livré au feu son propre dieu (23).

De même, on voit au sujet de Daniel que « le Roi Névoukhadnetsar [tomba sur sa face] lui offrit de l'encens pour l'exalter. »

Mais Daniel ne l'accepta pas. Pour quelle raison ? Parce que de même que ceux qui rendent un culte aux idoles sont punis, de même, les idoles proprement dites (24).

C'est pour cette même raison que Ya'aqov Avinou ne voulut pas être enterré en Égypte. Nos Maîtres appellent cela idolâtrie, même si l'intention était seulement de [s'attacher] à l'Esprit de Sainteté de HaShem en lui.

C'est ainsi que nous pouvons comprendre le verset : « Tu n'auras pas d'autres dieux devant Moi (25) » Cela signifie qu'on ne doit pas se concentrer sur un niveau spécifique ou sur telle capacité, même si ladite capacité vient de « Moi ». Même s'il s'agit d'un détail de l'Esprit de Sainteté qui habite une personne précise, ou bien d'un détail lié à une force dans les mondes les plus élevés, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie : le verset « Vous ne ferez pas avec Moi (26). » signifie qu'on ne formera pas une image de Mes serviteurs qui Me servent En-Haut, comme les Ofanim, les Sérafim, les saintes Ḥaïot [et les anges du Service (27).]

Cependant, bien que la Torah interdise quatre pratiques spécifiques du culte des idoles (28), à présent, alors que le service de la prière remplace celui des sacrifices, avec la concentration du cœur, elle est certainement soumise au même interdit.

C'est à quoi correspond le verset : « Qui sacrifie aux dieux sera voué à la destruction, uniquement à HaShem Lui seul (29). » C'est-à-dire que, quel que soit le type de service, on ne doit pas, D. préserve, diriger [sa prière] vers une force quelconque que HaShem met en œuvre (car le nom Éloqim englobe toutes les forces particulières comme on l'a expliqué).

On doit donc se concentrer exclusivement sur le Nom de Son Essence Unifiée [le Tétragramme], dont le sens est qu'Il est la Cause de tout ce qui est, et qu'Il est la source de toutes les forces comme on l'a expliqué.

(C'est le sens [du premier verset du Shém'a] « Écoute Israël, HaShem qui est Éloqénou, HaShem est Un » c'est-à-dire que toutes les forces et les capacités d'agir qui viennent de HaShem sont unifiées et rassemblées dans Sa toute-puissance, la source englobante de Son Unité.)

Et ceci dans la perspective de Sa connexion avec les mondes.

C'est pourquoi, chaque fois que la Torah nous donne des instructions au sujet des sacrifices, elle emploie toujours le Tétragramme comme le disent Hazal : « Viens et vois ce qui est écrit au sujet des Qorbanot, car il n'y a aucune référence à Qèl, ni à Éloqim, mais seulement à HaShem (le Tétragramme) pour ne donner à personne le prétexte d'une controverse [sur l'Être à qui ils sont offerts] (30). »

Voyez les passages du Zohar où ce concept est expliqué en détails (31).


1 Dévarim – Deutéronome 4,39.

2 Rabbi Ḥayim utilise ici le mot « aussi (גַּם) », parce qu'il a déjà défini Éloqim comme « le Tout-Puissant » au début de P1C2. Les deux manières de comprendre Éloqim sont équivalentes, puisque « le Tout-Puissant » englobe tous les potentiels de transmission des pouvoirs.

3 Dans son commentaire de Mishléi 30,9, Le Gaon de Vilna écrit :
« Le Nom HaShem (le Tétragramme) évoque l'existence de D.ieu, et Lui est spécifiquement réservé. Ce Nom n'est lié qu'avec Lui, et à aucun ministre, quel qu'il soit, aucun ange, aucun Séraphin. Le Nom Éloqim décrit la capacité d'action de HaShem, et toute réalité à qui Il confère un pouvoir est appelée Élohim. »

4 Béreshit Rabba 13,3 : « Le Nom complet est mentionné lorsque le monde est dans sa plénitude. »

5 Béreshit – Genèse 2,4 : « לֶּה תוֹלְדוֹת הַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ, בְּהִבָּרְאָם: בְּיוֹם, עֲשׂוֹת ה׳-אֱלֹקִים-אֶרֶץ וְשָׁמָיִם »

6 La suite du verset de Dévarim 4,39.

7 Béreshit – Genèse 4,26 : « אָז הוּחַל, לִקְרֹא בְּשֵׁם ה׳». Rashi commente : « Le mot houḥal (« on commença ») est à rapprocher de oulin (« profanation »). On donnait aux hommes et aux plantes des noms du Saint béni soit-Il, en leur rendant un culte idolâtre et en les désignant comme des dieux. » Voir Rambam, Hilkhot 'Avodah Zara, chapitre un. Le Gaon explique le verset de la manière suivante : « On désignait toutes les [forces] intermédiaires par le terme « Élohim », mais le Tétragramme n'était utilisé [jusque là] que pour désigner le Créateur Lui-même, qui a le pouvoir de dispenser le bien et le mal. Cependant, ils [c'est-à-dire les hommes de la génération de Énosh] utilisèrent le Tétragramme pour désigner des [forces] intermédiaires, ce qui est la définition même de l'idolâtrie. » (Adéret Éliyahou)

8 Daniel 2,47 : « S'adressant ensuite à Daniel, le roi lui dit : "En vérité, votre Dieu est le Dieu des dieux (אֱלָהּ אֱלָהִין), le souverain des rois, le révélateur des mystères." »

9 Ménaḥot 110a.

10 Malakhi – Malachie 1,11 : «כִּי מִמִּזְרַח-שֶׁמֶשׁ וְעַד-מְבוֹאוֹ, גָּדוֹל שְׁמִי בַּגּוֹיִם, וּבְכָל-מָקוֹם מֻקְטָר מֻגָּשׁ לִשְׁמִי, וּמִנְחָה טְהוֹרָה: כִּי-גָדוֹל שְׁמִי בַּגּוֹיִם, אָמַר ה׳ צְבָאקוֹת ».

11 Tiqounéi Zohar, Tiqoun 66 97a :
« Les âmes du Erev Rav [עֵרֶב רַב – la « tourbe nombreuse » (Shémot 12,38) qui sortit d'Égypte avec les Bnéi Israël, et fut à l'origine de plusieurs épisodes malheureux dans le désert, notamment la faute du veau] descendirent de l'arbre [de la connaissance du bien et du mal]. Elles sont un mélange de bien et mal, et de nombreux fils (cordons) sont suspendus à cet arbre, et ce sont les milices célestes préposées aux étoiles et aux constellations, et elles possèdent toutes un mélange de bien et mal. On trouvait là des branches accrochées [à l'arbre] qui d'un côté donnaient la mort, et de l'autre la vie ; ce sont d'un côté les démons, et de l'autre les anges. Ils connaissaient toutes les caractéristiques des branches de l'arbre qui sont des constellations et des étoiles, et elles récoltaient des plantes qui possédaient ces caractéristiques, elles formaient des images de la constellation qu'elles voulaient attirer, comme le bélier, le taureau, la vierge, les gémeaux, qui sont la forme d'un homme à double face, avec une image féminine, le cancer, le lion, la balance, le scorpion, le sagittaire, le capricorne, le verseau et les poissons. Elles leur offraient de l'encens et des herbes sous une forme correspondant à la forme qu'elles ont En-Haut. Elles formaient de cette manière des images du soleil, de la lune et des sept planètes du système solaire, et elles offraient de l'encens à chaque image dont elles souhaitaient obtenir [l'influence] dans ce monde. À cause de cela […] HaShem dit au sujet de ceux qui offrent l'encens et des sacrifices aux étoiles et aux constellations : ''devant le soleil ou la lune, ou quoi que ce soit de la milice céleste, que Je n'ai pas ordonné.'' (Dévarim 17,3) »

12 « להשביע », littéralement : lier par un serment.

13 Téhillim – Psaumes 113,5-6 : «מִי, כַּה׳ אֱלֹקֵינוּ- הַמַּגְבִּיהִי לָשָׁבֶת. ו הַמַּשְׁפִּילִי לִרְאוֹת- בַּשָּׁמַיִם וּבָאָרֶץ ».

14 II Mélakhim – II Rois 17,30-31 : « Les gens de Babel firent Souccot-Benot; ceux de Couth, Nergal; ceux de Ḥamat, Achima. Les Avites firent Nivḥaz et; les Sefarvites brûlaient leurs enfants dans le feu en l'honneur d'Adrammélekh et de 'Anammélekh, dieux de Séfarvayim. » Rashi commente : Souccot-Benot c'est l'image d'une poule avec ses petits. Nergal, c'est l'image d'un jeune coq. Ashima, c'est une chèvre, Nivḥaz est l'image d'un chien. Tartak, c'est un âne, Adrammélekh, c'est l'image d'une mule et 'Anammélekh est un cheval.

15 Yermiyahou – Jérémie 44,18 : « וּמִן-אָז חָדַלְנוּ לְקַטֵּר לִמְלֶכֶת הַשָּׁמַיִם, וְהַסֵּךְ-לָהּ נְסָכִים-חָסַרְנוּ כֹל; וּבַחֶרֶב וּבָרָעָב, תָּמְנוּ »

16 Amon (ou Amoun) est une des premières divinités égyptiennes. La ville de Amon-MiNo fut nommée d'après elle, et le prophète Yermiyahou y fait référence (46,25) de même que Nahum (3,8). Le Tsror haMor (commentaire médiéval de Rabbi Avraham Saba) sur Wayiqra 13,2, parle de Amon comme le « maître des démons, qui fut préposé à la connaissance de la magie noire d'Égypte. » L'expression « אֱמוּנָה אָמוֹן » semble être un jeu de mots avec l'expression plus commune et positive de « אֱמוּנָה אֹמֶן » qu'on trouve en Yéshayahou 25,1, et dont Rabbi Ḥayim s'est servi en P3C6.

17 Shémot – Exode 20,3 : « לֹא-יִהְיֶה לְךָ אֱלֹהִים אֲחֵרִים, עַל-פָּנָי ».

18 Voici ce qu'écrit le Ramban : « Je vais à présent indiquer ce qu'enseigne l'Écriture au sujet de l'idolâtrie, dont il existe trois catégories.
La première : [les premières générations] commencèrent à adorer des figures angéliques intellectuelles, et abstraites, dans le but d'exercer un contrôle sur les nations […] En dépit du culte qu'ils leur vouaient, ils savaient que le véritable pouvoir était dans les mains de HaShem.
La seconde : c'est le culte rendu aux créatures célestes visibles, comme le soleil, la lune et les constellations (mazalot). Toutes les nations connaissaient le pouvoir de l'astrologie, et la manière dont elles en étaient affectées. Ils pensaient que s'ils leur vouaient un culte, leur destin s'améliorerait […] De nombreux faux prophètes ont ainsi annoncé l'avenir, et certains avaient des compétences en magie noire. Dans cette catégorie, on trouve aussi ceux qui vouaient un culte à des personnalités qui détenaient un grand pouvoir, comme Névoukhadnetsar. Ils croyaient que leur destinée serait améliorée grâce à ce culte.
La troisième : Ceux qui adoraient les esprits, préposés à diriger les nations. »

19 En résumé, la fin du chapitre Noaḥ duLiqoutéi Torah : « la génération de la dispersion connaissait les Noms divins et s'en servait pour invoquer les pouvoirs de tel ou tel ange. Par la suite, ils commencèrent à ''invoquer le Nom de HaShem'' (Béreshit 4,26) en utilisant ces noms. Cette pratique ne fonctionnait qu'avec les noms hébraïques. C'est le sens de ce qui est écrit : ''Toute la terre avait une même langue'' (Ibid 11,1) ''Allons, bâtissons-nous une ville, et une tour'' (Ibid. 11,4) pour atteindre les Cieux par le biais de ces noms divins, et pour attirer leur pouvoir sur nous.'' Ils ne voulaient pas se soumettre à la Sainteté, ni raffiner leurs désirs pour la matérialité, mais ils voulaient s'abandonner aux désirs de ce monde. Le culte des idoles leur donnait la possibilité d'attirer des bienfaits en utilisant des noms divins [tout en cédant aux désirs matériels]. Nimrod était la tête pensante de tout cela, et Névoukhadnetsar poursuivait le même objectif. Leur seul but était de s'adonner aux désirs matériels, et non à la Sainteté. Après que leurs langages eurent été mélangées, ils ne purent parler l'hébreu, et furent incapables de mettre en œuvre ces pratiques idolâtres. »

20 Daniel 2,46-47 : « בֵּאדַיִן מַלְכָּא נְבוּכַדְנֶצַּר, נְפַל עַל-אַנְפּוֹהִי, וּלְדָנִיֵּאל, סְגִד; וּמִנְחָה, וְנִיחֹחִין, אֲמַר, לְנַסָּכָה לֵהּ. מז עָנֵה מַלְכָּא לְדָנִיֵּאל וְאָמַר, מִן-קְשֹׁט דִּי אֱלָהֲכוֹן הוּא אֱלָהּ אֱלָהִין וּמָרֵא מַלְכִין--וְגָלֵה רָזִין: דִּי יְכֵלְתָּ, לְמִגְלֵא רָזָא דְנָה »

21 Ibid 4,5 : « וְעַד אָחֳרֵין עַל קָדָמַי דָּנִיֵּאל דִּי-שְׁמֵהּ בֵּלְטְשַׁאצַּר, כְּשֻׁם אֱלָהִי, וְדִי רוּחַ-אֱלָהִין קַדִּישִׁין, בֵּהּ; וְחֶלְמָא, קָדָמוֹהִי אַמְרֵת ». Daniel avait correctement interprété le rêve qui terrifiait le roi Névoukhadnetsar.

22 Dévarim – Deutéronome 7,25 : « פְּסִילֵי אֱלֹהֵיהֶם, תִּשְׂרְפוּן בָּאֵשׁ ». Daniel était passé pour une idole auprès du roi, et bien que telle ne fût pas son intention, il craignait d'encourir un châtiment pour cela.

23 Sanhédrin 93a. Puisque le roi s'était prosterné devant Daniel, et l'avait traité comme un dieu, il ne pouvait plus le jeter dans la fournaise, au risque qu'on dise qu'il avait brûlé un homme qu'il considérait comme son dieu. Rabbi Ḥayim ajoute une référence similaire en Zohar Ḥadash II Ruth 28b.

24 Béreshit Rabba Wayeḥi 96,6 ; Midrash Tanḥouma Wayeḥi 3.

25 Shémot – Exode 20,3.

26 Shémot – Exode 20,19 : « לֹא תַעֲשׂוּן, אִתִּי ». Rashi commente : « Vous ne ferez pas d'image de Mes serviteurs qui Me servent là-haut (Mekhilta). »

27 Rosh HaShana 24b.

28 Yoma 24a : « Rav a enseigné que quatre pratiques [liées aux sacrifices offerts au Temple] rendent passible de la peine de mort si elles sont accomplies par un non-cohen : balancer, brûler, faire une libation d'eau, faire une libation de vin. »

29 Shémot – Exode 22,19 : « בֵחַ לָאֱלֹהִים, יָחֳרָם-בִּלְתִּי לַה׳, לְבַדּוֹ »

30 Ménaḥot 110a.

31 Zohar Hadash I Béreshit 6b et 7a : « Rabbi Abahou dit ; viens et vois quel souci HaShem a de l'honneur de Son Nom. Sache qu'à l'époque où le Temple était debout, toute personne désireuse d'approcher une offrande au nom Éloqim était passible de la peine de mort comme il est dit : ''Celui qui sacrifie aux dieux [laélohim] sera détruit, [on sacrifiera] à HaShem exclusivement.'' (Shémot 22,19). Cela t'apprend qu'on ne doit mentionner que le seul Nom de HaShem. C'est pourquoi, pour éviter que les gens fassent erreur, il nous est ordonné dans la Parasha des Qorbanot : ''Un homme, lorsqu'il approchera parmi vous une offrande pour HaShem'' (Wayiqra 1,2) ''Quand vous ferez un sacrifice de reconnaissance à HaShem'' (Ibid 22,29) ''Et quand vous sacrifierez une victime rémunératoire à HaShem'' (Ibid.19,5) ''Et une âme lorsqu'elle approchera une offrande de Minḥa à HaShem'' (Ibid.2,1), tous [ces versets] ne mentionnent que HaShem (le Tétragramme), et non Éloqim. Quelle en est la raison ? Rabbi Abahou dit : ce nom est utilisé à de nombreuses reprises ; les anges sont appelés Éloqim, [certains] hommes sont appelés Éloqim, les juges sont appelés Éloqim, et nous ne savons pas auquel d'entre eux [le sacrifice] est offert. C'est pourquoi il ne faut utiliser que HaShem, exclusivement. Rabbi Abahou enseigne [que celui qui blasphème en utilisant le nom Éloqim] n'est pas passible de la peine de mort, mais [seulement] d'excommunication. Mais celui qui blasphème en utilisant le Tétragramme, celui-là est passible de la peine de mort. »


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